Je vais vous conter comment je me suis fait musicien et surtout arrangeur de morceaux de musique
Tout à commencé une année où l'on nous a demander de jouer un petit morceau pour la fête de la musique. Le nous, c'est une petite bande de copains : deux trompettistes une tromboniste et moi-même au trombone aussi. Nous décidâmes, Céline et moi, de travailler un duo pour trombone, j'ai alors entrepris de réécrire la partition pour que deux trompettes nous accompagnent. Alors, il me vint l'envie de revoir un quatuor de trombone et de l'arranger pour cet ensemble qui venait de se former. De la naquit toute une grande histoire musicale...
Je me souviendrai toujours, et mes amis aussi je pense, de cette fête de la musique. Nous devions jouer du haut de la tour d'un château, le son devait s'étendre sur toute l'étendue face au château. Nous sommes arrivés à l'heure mais le spectacle médiéval en cours à pris du retard. Notre repas, c'était une pizza pliée en deux et mangée à la va vite (sans couverts mais avec les doigts car c'est encore plus sportif) dans une tour du château, je pense que ce sera la seule fois de ma vie qu'il m'a été permis de faire cela. Je me souviens, nous avions planquer les pizzas dans un sac de sport pour ne pas que des gardiens nous empêchent de passer, il fallait aussi vite monter car l'odeur d'une "royale" ça ce repère assez vite. On a bien rit ce jour la. C'est aussi pour cela que ces moments seront inoubliables.
Face au retard que le spectacle prenait, la peur et le doute se faisaient de plus en plus envahissants. Finalement au moment de jouer, nous étions tellement terrorisés de se retrouver tous les quatre ou plutôt rien que nous quatre. Tous ces regards figés sur nous, en attente d'une prestation, on fait que finalement nous n'avons pas très bien joué. Mais un petit son se répercute bien dans l'antre d'un si beau château alors cela ne devait pas être si mal même si nous n'avions jamais autant trembler auparavant.

Le quatuor en question : Drei Equale (quatuor de trombone écrit pas Beethoven pour la messe de son enterrement : cela en fait un morceau particulièrement magnifique et il n'est pas du tout lugubre.)
Notre prestation ce jour ci est la genèse de plusieurs groupes. Un ensemble de cuivre c'est formé sur les bases de ce quatuor, cet ensemble accueil de plus en plus de musiciens, vous en aurez les détails au fur et à mesure. En parallèle à cet ensemble, les clarinettes de notre harmonie on aussi formé un ensemble, ainsi que les saxophones.
Le deuxième morceau que j'ai arrangé de bout en bout à été tout aussi splendide. Nous avons accueillit une trompette solo, le quatuor devint quintette. Ce fut lors de la messe de la Sainte Cécile (patronne des musiciens) que nous avons joué ce morceau. Il s'agit d' "Amazing Grace", un air qui est plus connu par sa mélodie que par son nom. La, tout se passait dans une église, le son se voulait pur, les accords bien espacés entre les trombones : ceux ci fait de quintes ou de sixtes qui raisonnent particulièrement bien. Toute l'attention et tout le silence du monde on sur faire une place à cette musique.
De plus, nous avions perdu au cours de l'année un musicien alors les larmes se lisaient sur beaucoup de musiciens de l'harmonie, et nous-mêmes qui jouions, nous avions des sensations très fortes.
Depuis ce morceau, tout le monde à voulu faire parti de notre groupe et l'ensemble de cuivre a pris forme.
Pour tous ceux qui possèdent l'éditeur de partition "Mozart", voici le morceau en question : Amazing Grace
L'ensemble de cuivre a grandi : nous sommes à cinq trompettes, un cor d'harmonie, deux trombones, un tuba.
Voici une liste des morceaux que j'ai arrangés :
Ensemble de cuivre
Quatuors
Harmonie
Ensemble de clarinette
La plupart des morceaux n'ont été joués que très peu de fois, certain même jamais. Mais, j'ai toujours le plaisir qui est présent en moi à chaque fois que j'arrange un morceau. Je sais que cela donnera bien, mais le style ou le type de musique ne plaît pas, alors les musiciens ne jouent pas. Je ne leur en veux pas trop, les goûts et les couleurs...
Mais j'ai continué. Et ayant toujours de grands projets, j'ai arrangé ce qui sont mes derniers morceaux je pense. Ce sont deux parties du Requiem de Mozart (l'œuvre la plus magnifique jamais écrite). Les quatre voix sont jouées par une trompette, un cor d'harmonie, et deux trombones. Le reste de l'accompagnement et fait par l'ensemble de clarinette : sept voix pour elles.
Je voudrai vous parler du dernier morceau que l'on a jouer lors de la Sainte Cécile 1997 (durant le concert cette fois), il s'agit d'Evita ("Don't cry for me Argentina").L'ensemble de cuivre était formé de : Une trompette solo, trois trompettes, deux bugles, un cor d'harmonie, deux trombones, un tuba. Cinq minutes avant de passer, le soliste s'approche et me dit "je veux pas y aller", il était livide, mais à force de persuasion de la part de tous il a bien voulu jouer. C'est toujours cette même sensation, le son dans l'église, le silence qui permet à la musique de naître, les vibrations sonores et physiques de l'instrument, l'écoute mutuelle des uns et des autres. Il faut former un tout pour bien exécuter un morceau. Ce fut le morceau le plus applaudit de tout le concert ce soir la. Même s'il n'y avait que les musiciens qui savaient que l'arrangement était de moi, j'étais assez content de mon travail, mes morceaux sont de mieux en mieux arrangés et ont de plus en plus d'impact. Depuis celui ci, l'ensemble ne s'est plus jamais formé, les musiciens n'ont plus la même conviction. Voilà pourquoi je pense arrêter mon travail, tant pis, mais cela peut reprendre car la petite étincelle est toujours en moi, il suffit de savoir l'attiser pour faire renaître en moi la flamme de la passion et pour nous permettre de jouer des morceaux de musique qui en valent la peine.
Bon, je me permets de rajouter quelques lignes. Le lendemain du jour où j'ai écrit cette page, mon chef de musique m'a donné une feuille sur laquelle il y avait une ligne de chant. Il m'a dit "C'est le chant des déportés d'Allemagne durant la seconde guerre mondiale, il faut le jouer à la fin du mois pour une cérémonie. Fait moi un arrangement : des accords et plein de trucs pour tous les instruments". Voilà... héhé, ça ne s'arrête pas. Un jour après (c'est à dire le jour où j'écris ces lignes), j'avais déjà fini. Les partitions sont faites, mais je ne sais pas si je vais prendre sur moi de faire de mes propres mains un contre chant, déjà que j'ai pris le risque de donner des arpèges aux Sax ténor et aux Trombones, pour un chant de ce type c'est peut être osé. On verra bien...